Raquette en carbone lin : coup d’approche, coup gagnant ?

L’équipementier de Djokovic, Nadal ou Federer pourra-t-il un jour mettre entre leurs mains de champions une raquette de tennis carbone lin ? L’objet existe. Après une apparition sans suite sur le marché il y a une dizaine d’années, il vient d’être réinventé par Eco-Technilin (groupe NatUp) à partir de la technologie flaxtape, un unidirectionnel de lin breveté par sa start-up intégrée, Lineo, qui offre les meilleures performances mécaniques sur un composite.

 

Raquette de tennis – Eco-Technilin

Productrice de matières à base de fibres naturelles pour l’industrie composite, l’industrie automobile en particulier, Eco-Technilin a lancé la réalisation de cette raquette innovante associant la rigidité du carbone et l’exceptionnel pouvoir d’absorption vibratoire du lin qui apporte un véritable confort au joueur et règle les problèmes de tennis-elbow. Cette performance dans la réduction des vibrations a été scientifiquement prouvée par les travaux de Mustapha Assarar du LISM* (URCA).

 

La petite série d’une centaine d’unités fabriquée et distribuée sous le logo NatUp a valeur de démonstrateur. « Nous avons industrialisé le process et investi massivement dans l’itinéraire technique pour montrer l’intérêt du produit, indique Karim Behlouli, directeur NatUp Fibres et président de la commission Matériaux biosourcés d’IAR. Notre ambition est de pousser les grands donneurs d’ordre de l’univers du tennis, encore hésitants, à se saisir de cette opportunité-là. »

 

Des propriétés différenciantes

La technologie développée par Eco-Technilin peut être exploitée à chaque fois qu’il y a un composite carbone avec une problématique vibratoire : skis, snowboards, planches de surf, vélos, arcs, cannes à pêche, instruments de musique (guitare, violon, ukulele)… L’entreprise a également été interrogée pour des crosses de hockey, des clubs de golf, des panneaux de basket… Pas de limite aux applications du produit, sinon l’insuffisance des volumes en jeu qui rendrait le coût de conception dissuasif.

Comme dans le bâtiment, le packaging ou les transports, les fibres naturelles ont un avenir dans l’industrie des sports & loisirs, sous réserve de trouver le bon angle d’attaque. « Nous voulons promouvoir l’utilisation des fibres naturelles pas uniquement parce qu’elles sont naturelles mais parce qu’elles apportent une propriété différenciante. »

Comment Karim Behlouli voit-il évoluer le marché dans les prochaines années ? « La demande croît et continuera à croître mais il y a quelques prérequis à l’explosion attendue à terme. Les consommateurs prennent conscience des enjeux environnementaux et voudront participer à l’effort collectif à condition que les bienfaits environnementaux soient prouvés et que les solutions soient compétitives. C’est l’investissement productif qui est la clef de la réussite. »

*Laboratoire d’ingénierie et sciences des matériaux dirigé par Rezak Ayad

 

IAR, le stimulateur

Les matériaux biosourcés sont l’un des domaines d’activités stratégiques d’IAR, pôle de la bioéconomie qui accompagne ses adhérents pour maximiser les chances de réussite de leurs projets. Le projet SINFONI est un bon exemple de sa démarche. Comment lever les obstacles qui freinent l’accès aux marchés des composites à base de fibres naturelles ? Fédérés au sein d’une commission ad hoc, les acteurs de la filière ont monté un Projet structurant des Pôles de compétitivité (PSPC) axé sur cette question. Grâce au réseau d’IAR, des producteurs de fibres, des transformateurs et des clients potentiels dans les secteurs du bâtiment, de l’automobile et du ferroviaire ont été mobilisés. Le pôle a aidé à structurer le projet, a fléché les financements (PPI) et se charge de toute la communication. Ce travail, toujours en cours, a déjà permis aux acteurs de la chaîne de parler le même langage et de rapprocher les solutions des besoins, particulièrement dans le ferroviaire.

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