L’Etat – Les Régions

L’Etat français soutient le développement de la chimie verte

Republique-Francaise

L’Etat français soutient le développement de la chimie verte, dans la continuité de sa politique menée dans le cadre du Grenelle de l’Environnement.
L’évolution de l’industrie chimique française dans cette voie, notamment en Picardie et en Champagne-Ardenne, lui permettra de diminuer sa dépendance aux ressources fossiles : la filière s’est ainsi engagée, en 2007, à utiliser d’ici 2017 15% de matières premières d’origine végétale dans ses procédés industriels, tout en diversifiant les ressources utilisées. Cette évolution assurera une meilleure valorisation de déchets organiques, qui manquent à l’heure actuelle de débouchés, ce qui devrait également bénéficier à terme au secteur agricole.

Le récent déplacement, le 27 septembre 2011, du Président de la République à Compiègne (Oise), sur le site industriel de Novance où il a défendu le développement du recours à des produits agrosourcés dans les processus chimiques, illustre l’importance accordée par l’Etat à cette thématique. Ainsi, à Compiègne, va être construite une bioraffinerie dans le cadre du projet P.I.V.E.R.T. (Picardie Innovations Végétales Enseignement Recherche Technologie), porté par le groupe Sofiprotéol et par le pôle IAR. Le projet P.I.V.E.R.T. est spécialisé dans le développement de bioraffineries de troisième génération pour la valorisation de la biomasse oléagineuse et forestière vers de multiples applications. Les capacités de recherche publique et privée seront rassemblées dans un même site constituant un Campus d’innovation technologique mobilisant de nombreux enseignants et chercheurs, et permettant ainsi à P.I.V.E.R.T. de se mesurer aux meilleurs instituts dans le domaine de la chimie verte. Le Commissariat Général à l’Investissement a labellisé ce projet au titre des Instituts d’Excellence en matière d’Energies Décarbonées en apportant un co-financement de 65 M€, le coût total du projet étant de 219 M€ sur dix ans. D’autre part de nombreuses autres aides publiques ont également été mises en place par l’Etat afin d’accompagner l’émergence de la filière chimie verte, notamment via le Fonds unique interministériel (FUI) qui a permis le cofinancement de projets labellisés par les Pôles de compétitivité. Le FUI a ainsi soutenu dix-sept projets labellisés par le pôle IAR, (tels que Chiomiosub, Acosite, Finather 3 en Champagne-Ardenne ; BioTfuel ou BioH2 en Picardie), pour un montant total de 60 millions d’euros. Enfin, l’Agence de développement de la maîtrise de l’énergie (ADEME), opérateur d’Etat, a été dotée en 2010 d’une enveloppe de 1350_M€ afin d’appuyer le déploiement de démonstrateurs énergie renouvelable et chimie verte.

Le secteur de la bioraffinerie présente un intérêt d’autant plus grand qu’il est destiné à avoir un impact extrêmement positif sur l’attractivité des territoires – et notamment des territoires ruraux, sur lesquels cette industrie pourra être amenée à s’implanter. En contribuant à la structuration d’une filière complète autour de cette thématique, l’Etat vise ainsi à la fois la ré-industrialisation des territoires concernés et la pérennisation de leur agriculture. C’est dans cet esprit qu’un soutien a par exemple été apporté au projet de plate-forme Bioraffinerie Recherches et Innovations (BRI), en Champagne-Ardenne. En permettant le rapprochement du monde de l’enseignement supérieur et de la recherche, d’acteurs privés dans le domaine de la recherche développement (R&D), d’industriels, et d’acteurs du monde agricole en mesure d’assurer l’approvisionnement en matière première, ce projet a permis de créer un vivier apte à conduire à l’émergence d’une filière nouvelle.

C’est avec le souhait qu’une telle filière parvienne à se développer, qu’elle permette une juste répartition des retombées économiques entre les différents acteurs impliqués, et qu’elle puisse ainsi garantir un développement des territoires harmonieux et durable, que l’Etat se réjouit d’accompagner le pôle IAR dans ses activités en faveur d’un développement plus durable.

La Région Champagne-Ardenne

CRCA_QPour la Région Champagne-Ardenne, la bioraffinerie est un outil efficace d’ancrage territorial de nouvelles activités qui intègrent l’ensemble d’une filière, depuis la production jusqu’à la transformation : c’est un moyen efficace pour créer de la valeur ajoutée et des emplois locaux.

La vocation agricole de la Champagne-Ardenne est forte et se traduit par un poids de l’agriculture particulièrement important (viticulture et céréales notamment) ce qui a favorisé l’implantation d’industries agro-alimentaires. Un actif champardennais sur quinze travaille dans le secteur agricole.

Le concept de bioraffinerie est issu d’une réflexion visionnaire portée par la profession agricole dans les années 90 : comment trouver d’autres valorisations que celles de l’alimentation humaine, même si elle est et doit rester prioritaire ? Cette réflexion s’est traduite par la création de la structure de recherche qui allait devenir ARD et fédérer les moyens humains et financiers du monde coopératif agricole.

La valorisation des agro-ressources, et en particulier le domaine de la bioraffinerie végétale, sont des thèmes structurants de l’innovation régionale. Porté par le pôle de compétitivité à vocation mondiale « Industrie et Agro-Ressources », le secteur de la bioraffinerie irrigue l’innovation régionale de l’amont – recherche fondamentale – vers l’aval – développement industriel. La Région accompagne donc les initiatives à forte visibilité permettant d’affirmer le territoire régional comme une terre d’expérimentation en matière de bioraffineries.

Quelques exemples permettront d’appréhender la mobilisation du Conseil régional en la matière :

  • la constitution d’un centre d’excellence en biotechnologies blanches porté conjointement par les antennes de l’Ecole Centrale Paris et d’AgroParisTech;
  • la structuration de la plate-forme B.R.I. (bio-raffinerie Recherche et Innovation) qui entend coordonner sur le site de Reims-Pomacle les activités de recherche développées par ARD (Agro-industrie Recherches et Développement) et par le nouveau centre d’excellence en biotechnologies blanches mais également le développement d’outils préindustriels comme BIODEMO : unité de démonstration industrielle de procédés de biotechnologies blanches ou FUTUROL, pilote pré-industriel de biocarburants de 2ème génération.
  • le soutien à de nombreux programmes de recherches qui vont déboucher sur des réalités industrielles comme la production de synthons, d’agromatériaux, de pâte à papier , …

La Région Picardie

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 La Picardie se situe aujourd’hui à l’avant-garde mondiale du secteur des agro-ressources,  avec, notamment, le Pôle  IAR

En effet, sous l’impulsion de pionniers et grâce à des choix stratégiques très précoces et partagés, la Picardie a su prendre le virage des agro-ressources, en réinventant son identité agricole et industrielle. Elle célèbre aujourd’hui les 30 ans d’un engagement qui laisse présager un développement prometteur de la recherche, du transfert de technologies, des ressources et de l’emploi de demain.

La réussite du projet P.I.V.E.R.T (Picardie Innovations Végétales, Enseignements et Recherches Technologiques), premier centre européen visant à transformer la biomasse oléagineuse en produits chimiques renouvelables destinés à de multiples applications industrielles, concrétise aujourd’hui cette ambition.

C’était au début des années 80, une période de questionnement sur l’avenir de la Picardie. La région présentait des atouts, comme une formidable production agricole et une tradition industrielle, certes mise à mal par la crise du textile… et des handicaps, notamment des structures de recherche insuffisantes. Une réflexion sur la recherche en région fut engagée : en organisant les Assises de la Recherche et de la Technologie en 1982.

Quelques pionniers, quelques visionnaires envisagèrent alors de renouer avec la tradition du mariage étroit entre l’agriculture et l’industrie, lorsque la Picardie des cathédrales exportait des draps couleur « bleu d’Amiens », bleu extrait d’une plante régionale : la waide.

La Région, mais aussi l’Etat – via les contrats de plan – , les entreprises, les universités se lancèrent dans l’aventure de ce que l’on appelait à l’époque ‘les biotechnologies’, avec en ligne de mire la production et la valorisation non alimentaire des agro-ressources.

Petit à petit, une stratégie d’innovation et de développement s’est mise en place, avec l’Association pour le développement de la recherche et de la technologie en Picardie pour colonne vertébrale.

Très vite, la région Picardie a créé des outils pour favoriser l’émergence de projets industriels autour des agro-ressources. Le Centre de valorisation des glucides et produits naturels est né en 1984, à l’initiative du Conseil régional de Picardie, des ministères de la Recherche et de l’Agriculture. Sa principale vocation ? Développer de nouvelles utilisations des productions végétales. C’est ainsi que l’eau devient un solvant, la pomme de terre, un sac plastique.

L’Association pour le développement de la recherche et de la technologie – devenue aujourd’hui l’Agence régionale pour l’innovation –  a été à l’origine de nombreux projets : le biopôle, l’incubateur régional de Picardie, le pôle de compétitivité Industries et Agro-Ressources, labellisé à vocation mondiale en 2005…

Les Universités ont également privilégié très vite la recherche dans le domaine des agro-ressources. En témoignent la création du Laboratoire des Glucides par l’Université de Picardie Jules Verne, au début des années 80, le développement de compétences en biotechnologies à l’Université de Technologie de Compiègne, la création d’un diplôme en agro-santé à l’ISAB, devenue l’Institut Polytechnique LaSalle-Beauvais et, plus récemment, l’arrivée en Picardie de l’Ecole Supérieure de Chimie Organique et Minérale.

Imaginer, innover, produire : l’engagement partagé de la Picardie en faveur des agro-ressources laisse présager un développement prometteur du secteur ! Ainsi, depuis 2006, plus de 30 millions d’euros ont été alloués par le Conseil régional de Picardie en faveur de projets liés à la valorisation des agro-ressources (projets de recherche universitaires, projets de recherche collaboratifs, soutien aux centres techniques et de transfert, etc.), dans l’optique d’une utilisation de la plante entière et à terme d’une substitution à terme de la    pétrochimie.